L'écologie ne doit pas être victime de la crise

Publié le par Climat2050

 

On considère souvent, et de manière compréhensible, qu'avec la crise des finances publiques on ne peut plus se permettre un effort aussi important en matière d'environnement que celui prévu en 2007 pour mieux isoler les maisons, développer les transports collectifs, accroître les énergies renouvelables… Pourtant, en réalité, c'est la conclusion inverse qu'on devrait tirer de la crise actuelle.

La crise actuelle met bien sûr en évidence l'ampleur des dysfonctionnements de la sphère financière. Elle montre aussi combien les politiques de baisses d'impôt sur les revenus des plus aisés ont affaibli les Etats européens. Mais, plus fondamentalement encore, cette crise est déjà la première crise écologique du 21ème siècle. On ne s'en souvient plus guère mais l'économie française était déjà en récession au deuxième trimestre 2008, avant que la banque Lehman Brothers ne s'effondre, parce que les prix du pétrole et des matières premières agricoles avaient fortement monté, plombant le pouvoir d'achat des français.

C'est d'ailleurs dans une bonne mesure cette hausse des prix qui avait fait exploser partout la bulle immobilière déclenchant ainsi la crise financière. Si aujourd'hui, la France et l'Europe risquent de retomber dans la récession c'est certes parce que les Européens ont très mal géré la crise grecque depuis deux ans, mais c'est aussi et surtout parce que les prix du pétrole et des matières se sont remis à augmenter avec la reprise de l'économie mondiale. La France et l'Europe ne pourront pas sortir durablement de la crise s'ils ne diminuent pas très vite leur dépendance à l'égard du pétrole, du gaz et des autres matières premières qu'ils importent.

La dette ?

Le niveau de la dette publique dans le PIB européen est de douze points plus faible qu'aux Etats-Unis, il y a donc encore un peu de marge. De plus, la différence entre une bonne et une mauvaise dette, c'est ce qu'on fait de l'argent emprunté. Autant emprunter de l'argent aux riches en baissant leurs impôts est une bêtise, autant s'endetter un peu plus aujourd'hui pour diminuer beaucoup demain notre dépendance au gaz et au pétrole importés a toutes chances d'être un investissement rentable pour l'Europe compte tenu des hausses de prix massives qui se profilent avec la croissance des émergents et la raréfaction des ressources. Cela aurait en plus l'avantage de soutenir l'activité tout de suite. Un grand plan européen de conversion écologique de nos économies serait aussi probablement une des seules actions communes européennes acceptables par les électeurs et le gouvernement allemand…

 

Guillaume Duval

 

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Actu-fraiche 04/11/2011 00:43



Il est certain que les pays du golfe eux-mêmes ont déjà commencé à se préparer à l'après-pétrole. Alors que chez nous aveuglés par le lobbying actif des compagnies pétrolières, qui
subventionnent il est vrai, bien des ambitions politiques, nos dirigeants traînent des pieds à tourner définitivement le dos aux énergies fossiles.


En outre, après la catastrophe du nucléaire japonais beaucoup de pays réalisent peu à peu que seules les énergies propres renouvelables peuvent apporter une solution énergétique sure et
durable. Pendant ce temps-là non seulement nous persistons et signons, mais nous nous engageons également à les approvisionner avec cette énergie que nous tirons du nucléaire.



Climat2050 13/11/2011 13:06



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