Faut-il arrêter le "toujours plus" ?

Publié le par Climat2050

Consommation


Face à l'urgence écologique et à la crise, la décroissance a le vent en poupe. Mais peut-on consommer moins, et pour quels résultats ? Les réponses du chercheur Paul Ariès.

 

Doit-on ralentir son mode de vie ? Consommer moins ?

Refuser d'acheter à tous crins ? Autrefois réservée à quelques militants radicaux, l'idée qu'il faudrait sortir du "toujours plus" prend de l'ampleur, sur fond de crise. Beaucoup de personnes sont titillées par l'idée de "décroissance". Mais, du rêve à la réalité, il y a un sacré fossé. Une fois adoptés les quelques gestes quotidiens qui font du bien à la planète - et à notre bonne conscience -, restent les interrogations existentielles : comment se défaire d'un mode de vie dans lequel nous baignons depuis toujours ? Nos sociétés peuvent-elles vraiment s'extraire de la spirale du produire/consommer ? Et pour aller où ? Paul Ariès, chercheur en sciences politiques, l'un des grands défenseurs du concept de "décroissance", coauteur  d'"Apprendre à faire le vide. Pour en finir avec le toujours plus"  (éd. Milan), nous propose ses pistes. Si elles n'ont rien d'évident, elles dessinent un avenir passionnant.

 

ELLE. Pourquoi faut-il en finir avec le "toujours plus" ?

PAUL ARlÈS. Il ne peut y avoir de croissance infinie dans un monde fini, sinon notre société va dans le mur. 20 % des humains s'approprient 86 % des richesses mondiales. Ce n'est pas très cohérent avec nos valeurs d'égalité ou de fraternité, mais ce ne serait finalement pas si grave dans l'hypothèse d'un rattrapage possible.

Or, si 6 milliards d'humains vivaient comme nous, une seule Terre ne suffirait pas: il en faudrait au minimum trois. La croissance économique, c'est-à-dire le culte du "toujours plus"  (de production et de consommation), n'est pas la solution, ni pour les pays riches, ni même pour les pays pauvres, qui devront inventer d'autres façons de satisfaire leurs besoins vitaux.

Suite […]


Interview de Patrick Williams

ELLE 24 juillet 2009

 


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Eolia Green 20/02/2010 19:01


Il faudrait de la qualité et pas de quantité!


Climat2050 21/02/2010 08:47


Bien évidemment !


Marcha 18/02/2010 15:23


Le propre de la science c'est d'observer, de prévenir et si possible de prémunir. Mais il est certain que cela doit être fait avec une très grande honnêteté. Et il ne faut surtout pas hésiter
à récuser une information s'il est prouvé par la suite qu'elle peut être sujet à caution .


Bergamote 17/02/2010 13:12


Je pense que la décroissance est un modèle volontairement percutant, qui vise à faire réagir, créer un "choc", une prise de conscience. Cela afin d'amener progressivement les consciences éclairées
vers un mode de vie "à croissance ralentie", voir dans le meilleur des cas (et je rejoins le premier commentaire) vers un système stable.
Il est par ailleurs évident, au regard du contexte actuel, qu'une telle évolution sera très lente à s'établir. Mais les révolutions les plus efficaces ne sont-elles pas celles qui s'inscrivent
solidement dans le temps ?


Joke 16/02/2010 16:33


Cesser la croissance globale serait déjà un progrès.
Mais... les pays émergents accroissent tous les jours un peu plus leur impact (ils mangent de la viande et roulent en auto, pour faire court) et les pays les plus pauvres ont
besoin d'accroître le leur.
Donc, nécessairement, il faut que nous, pays riches, diminuions le nôtre de façon importante.
Il est impossible de dire aux autres simplement : "Ne faites pas comme nous."


britsh 16/02/2010 09:59


un développement dans un monde fini ne peut être durable... je suis d'accord. mais avant de se lancer dans une décroissance, aussi soutenable soit-elle, ne pourrait-on pas imaginer une
"stabilisation" ou un développement/décroissance sélective ?
décroissance < stabilisation < développement


Climat2050 16/02/2010 12:17


Bien sûr que vous avez raison !